Je viens de recevoir la question suivante: ‘J’ai été en contact avec une créatrice de contenu qui rencontrent beaucoup de partenaires inconnus lors d’événements ou de tournages. Elle a refusé la fellation avec préservatif et a expliqué être sous PrEP ou se faire tester régulièrement. Comment évaluer les risques ? Et que faut-il savoir pour se protéger réellement ?‘.
Lorsqu’on parle de sexualité avec des partenaires inconnus ou multiples, il est naturel de se poser des questions sur les IST, les moyens de protection et les risques réels. Entre la PrEP, les tests réguliers, le préservatif et certains discours rassurants, il peut être difficile de savoir où se situe la réalité.
Cet article a pour objectif d’apporter des repères clairs, sans dramatiser, mais sans banaliser non plus. Une sexualité épanouie repose aussi sur une information honnête et sur le respect de ses propres limites.
LE RISQUE ZÉRO N'EXISTE PAS
Il est important de poser une base claire. Le risque zéro n’existe pas en sexualité, même lorsque certaines protections sont utilisées.
Les IST ne se transmettent pas uniquement par la pénétration. Elles peuvent aussi se transmettre par le contact peau à peau, la bouche, les doigts ou encore par de petites lésions invisibles. Cela ne signifie pas qu’il faille vivre dans la peur, mais plutôt qu’il est essentiel d’être lucide et informé.
LA PREP: UN PROTECTION INDIVIDUELLE, PAS PARTAGÉE
La PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) est un traitement très efficace contre le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) lorsqu’il est pris correctement et suivi médicalement. C’est un véritable progrès en matière de prévention.
Lorsqu’une personne est sous PrEP et VIH négative, elle ne peut pas transmettre le VIH, puisqu’elle ne l’a pas. En revanche, la PrEP ne protège pas contre les autres IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et elle ne remplace pas une protection globale dans un contexte de partenaires multiples ou inconnus.
Être avec quelqu’un « sous PrEP » ne signifie donc pas être protégé contre l’ensemble des risques sexuels. La PrEP est une protection individuelle contre le VIH, pas une garantie de sécurité globale.
C’est pour cette raison que le préservatif garde toute son importance. Il permet de limiter les risques pour les deux partenaires, même s’il n’offre pas non plus une sécurité absolue. Chacun reste responsable de sa propre protection, indépendamment de celle de l’autre.
LES TESTS RÉGULIERS: UTILES, MAIS PAS INFAILLIBLES
La majorité des créatrices de contenu professionnelles effectuent des tests de manière régulière, généralement tous les un à trois mois selon leur activité. De mon côté, je fais des tests tous les mois.
Malgré cela, il existe une réalité souvent méconnue, la fenêtre de séroconversion. Une personne peut être contaminée récemment sans que cela n’apparaisse encore sur les tests. Les tests sont donc indispensables, mais ils ne garantissent jamais une sécurité absolue.
LA FELLATION SANS PROTECTION, UN RISQUE SOUVENT SOUS-ESTIMÉ
La fellation est souvent perçue comme une pratique peu risquée. En réalité, le risque existe bel et bien, surtout lorsque les partenaires sont multiples ou inconnus.
Il n’existe pas de pourcentage fiable et universel, car le niveau de risque dépend de nombreux facteurs:
- l’état des muqueuses,
- la présence de micro-lésions,
- les IST éventuellement présentes,
- la fréquence et la diversité des partenaires.
Le préservatif reste aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les risques, même s’il est vrai que le goût et la sensation du latex ne sont pas agréables pour tout le monde. Il m’arrive d’accepter une fellation avec préservatif lorsque c’est une condition pour que chacun se sente rassuré, car la sécurité et le consentement passent toujours avant le confort personnel.
LE CONSENTEMENT VA DANS LES DEUX SENS
Une personne peut tout à fait exprimer qu’elle n’aime pas les préservatifs pour la fellation et préférer ne pas pratiquer dans ces conditions. C’est une limite légitime.
Mais de la même manière, toi aussi tu as le droit de refuser si tu ne te sens pas en sécurité. Le consentement ne va jamais dans un seul sens. Chacun a le droit de poser ses limites, sans pression ni culpabilisation. Si tes limites ne sont pas respectées, tu es pleinement en droit de dire non et de ne pas participer.
APRÈS UN RAPPORT À RISQUES, QUAND SE FAIRE DÉPISTER ?
Après un rapport sexuel perçu comme à risque, certains repères peuvent aider:
- un premier dépistage peut être envisagé 2 à 3 semaines après,
- un dépistage plus fiable se situe autour de 6 semaines à 2 mois,
- un contrôle peut être recommandé jusqu’à 3 mois, selon les IST recherchées.
Les tests sanguins, urinaires et les prélèvements locaux peuvent être complémentaires et doivent être adaptés à chaque situation.
MON CONSEIL LE PLUS HONNÊTE
Si une expérience sexuelle génère beaucoup d’angoisse, un sentiment d’insécurité ou une inquiétude persistante après coup, il est important de s’écouter. Une sexualité épanouie ne devrait jamais se vivre dans la peur ou dans une course permanente aux tests.
Dans ce type de situation, il peut être plus sain d’éviter certaines expériences et de privilégier des contextes où tes limites sont respectées et où tu te sens réellement en confiance. Reconnaître cela n’est ni un échec ni une faiblesse, mais un signe de maturité.
EN RÉSUMÉ
- Le risque zéro n’existe pas en sexualité, même avec des protections.
- La PrEP protège contre le VIH, mais ne protège pas contre les autres IST.
- Les tests réguliers sont indispensables, mais ils ne garantissent jamais une sécurité absolue.
- Le préservatif reste un outil essentiel pour limiter les risques, même s’il n’est pas parfait.
- Le consentement et les limites sont valables dans les deux sens.
- Si une situation génère trop d’angoisse, il est légitime de renoncer.
- Ta santé et ta tranquillité d’esprit doivent toujours passer en premier.


